Si vous êtes freelance ou consultant en France, c'est généralement la première vraie décision à prendre, et contrairement au choix SAS ou SARL pour des projets plus importants, la réponse dépend vraiment de ce que vous comptez gagner et de la couverture sociale que vous recherchez.
La micro-entreprise (le régime sous lequel opèrent les auto-entrepreneurs) plafonne le chiffre d'affaires annuel à 188 700 € pour les activités de vente ou 77 700 € pour les prestations de services, ce qui couvre la plupart des consultants et freelances. Une SASU n'a légalement aucun plafond de chiffre d'affaires ; elle peut monter à plusieurs millions sans changer de structure. Si vous êtes certain de rester sous le seuil des services dans un avenir proche, cela seul ne vous oblige pas à trancher, mais si vous prévoyez de le dépasser, démarrer directement en SASU évite une conversion perturbante plus tard.
Les auto-entrepreneurs paient des charges sociales forfaitaires d'environ 12,3 % à 21,2 % du chiffre d'affaires, selon l'activité : simple, prévisible, et faible en début d'activité. Un président de SASU qui se verse un salaire est en revanche affilié au régime général de la Sécurité sociale, avec une couverture équivalente à celle d'un salarié : assurance maladie, congés maternité/paternité, et retraite complémentaire AGIRC-ARRCO. Cette couverture coûte plus cher en cotisations, mais elle est nettement plus avantageuse si vous comptez vous appuyer dessus sur le long terme.
La micro-entreprise utilise un système simplifié : un abattement forfaitaire (71 %, 50 % ou 34 % selon le type d'activité) est appliqué avant l'imposition du revenu restant. Aucun suivi réel des dépenses n'est nécessaire, mais aucune déduction des frais réels au-delà de ce taux forfaitaire n'est possible non plus. Une SASU est soumise à l'impôt sur les sociétés (taux réduit de 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, 25 % au-delà ; voir notre guide sur la fiscalité des sociétés en France) et permet de déduire l'intégralité des frais professionnels réels.
Pour 2026, les seuils d'immatriculation à la TVA sont de 85 000 € (seuil normal) / 93 500 € (seuil majoré) pour la vente, et 37 500 € (seuil normal) / 41 250 € (seuil majoré) pour les services. En dessous, les micro-entrepreneurs ne facturent pas la TVA et ne la récupèrent pas non plus sur leurs propres achats, ce qui est simple, mais signifie aussi qu'il est impossible de récupérer la TVA sur des dépenses professionnelles comme du matériel ou des logiciels.
Déclarer une activité en micro-entreprise est rapide et simple, souvent la même démarche, réalisée en une seule fois. Créer une SASU est une véritable immatriculation de société : statuts, dépôt du capital social, immatriculation via le Guichet Unique (voir notre guide de création d'entreprise). Davantage de démarches, mais la structure vers laquelle vous vous tournerez probablement de toute façon une fois le chiffre d'affaires en croissance.
Si vous testez une activité freelance, que vous prévoyez de rester sous le seuil des services, et que vous n'avez pas besoin d'une couverture sociale façon salarié, la micro-entreprise est le point de départ le plus pragmatique. Si vous êtes déjà confiant dans un chiffre d'affaires stable et croissant, que vous voulez déduire vos frais réels, ou que vous recherchez la protection sociale d'un régime façon salarié, démarrer directement en SASU évite de payer une conversion plus tard.
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